Art et religion

Photo Dominique Nugues
suite de petites fleurs peintes et de visages des Profondeurs

L'art est une sensation. Un instant projeté de la part de l'artiste.

Une sensation reçue de la part du "spectateur". Sensation durable, inscrite dans la mémoire la plus enfouie. Cette sensation est une "vision". Elle peut appeler toutes sortes d'interprétations. Chacun est en droit d'y "apercevoir", y sentir la part éternelle bien présente en chacun, pour peu qu'il fasse le choix de cultiver cette part et non de l'anihiler.

A cet égard la religion et l'art obéissent et répondent au même besoin fondamental.

L'art à la différence de la géométrie, par exemple, n'apporte aucune réponse, ne décrit pas. Il ouvre une perspective, un chemin tout comme la foi transmise par les religions. Depuis que l'art existe, qu'il est reconnu comme tel, les penseurs décryptent ses rapports avec la foi et les religions.
Les liens entre art et religion sont au centre de l'histoire des civilisations.

Définitions pour art et religion

Si l'art est une transposition sensible de sentiments, de savoirs et d'idées voire d'idéologies. L'art est surtout une tentative, par définition volatil et sujet à incompréhensions, de fixer une perception personnelle de l'ordre des choses.

Les œuvres sont reçues par des personnes, imprégnées de leur culture, de leur histoire. Il y a autant de perceptions qu'ils y a de personnes à percevoir. L'art n'est pas univoque, son sens échappe même à son auteur.

L'art procèdent d'actes dont leurs auteurs n'ont pas nécessairement conscient.

A l'inverse, une personne peut produire des œuvres qui n'ont rien d'artistiques.

La Création dans son ensemble est d'essence divine. Dieu seul a le pouvoir de créer. L'homme ne le peut. Il peut vouloir s'approcher de l'état de création. En cela sa démarche est mystique.

Parler de création pour les travaux humains me semble inadéquat. Je pense que ce terme doit être réservé à l'Eternel de qui tout procède.

Les hommes travaillent, accomplissent des œuvres, fussent-elles géniales elles n'en restent pas moins périssables, éphèmeres.
Seule la création est Eternelle, mais extrèmement changeante.

Art et religion[s]

Le scientifique tente de faire du compris avec de l'incompris et y parvient tout en ne faisant que reculer sans cesse l'horizon infranchissable des terres de la connaissance.
L'artiste doit admettre qu'il demeure dans le domaine de l'incompris et de l'incomphéhensible.

La création est divine.

L'art est neutre. L'artiste lui est responsable. En premier lieu devant sa conscience ensuite devant autrui.

L'homme peut avoir des éclairs de lucidité, avoir la foi, croire, aimer, mais comprendre ne lui est pas donné et ne lui sera jamais donné.
C'est ce qui le différencie de Dieu. Ce qui en fait la condition tragique. Mais ausi lui procure sa totale et dangereuse liberté, à lui l'homme.
Il peut croire ou ne pas croire. Il peut faire de sa croyance ce qu'il veut.
L'artiste est libre, avec sa conscience pour seul tribunal. Siége terrestre et humain de Dieu.

L'art et la religion ou les religions sont de même essence mais de nature très différente. En fait ce sont souvent des concurrents ou des acolytes. Si l'art se doit d'être émancipateur ce n'est pas la fonction première des religions. Mais il est arrivé souvent que l'art galvaudé et soumis se fasse l'agent des religions. Les censeurs sont du cotê des religions, les artistes quant à eux jouent parfois au péril de leur vie avec les codes des censeurs.

La conscience est la partie divine de toute personne

La conscience est le guide des actes et des pensées. Elle ne regarde que la personne elle-même. L'art doit se réferer en permanence à la conscience. L'artiste est libre mais ses productions publiques, de par l'impact sur les autres, le rende hautement responsable des influences qu'il exerce.

Un artiste qui diffuse, défend des idées mortifères est à considérer comme un criminel au même titre que le bras des bourreaux qu'il inspire.

Une œuvre n'est pas sécable. On peut dire des inepties, tenir des propos dangereux, cela n'invalide pas l'œuvre, à la condition incontournable, que dans un retour à la lucidité l'auteur revienne sur ces propos et demande pardon à ses victimes. Dans le cas inverse l'œuvre entière est promise à l'anéantissement.

Dominique Nugues, peintre écrivain ©2006-2008/Tous droits réservés

Valid HTML 4.01 Transitional