Fils de Henri Nugues, né en 1932 à la Chapelle-Moche (aujourd'hui renommée Chapelle d'Andaines dans le département de l’Orne). Mon père était d’une famille de veneurs, autrement dit de chasseurs à courre professionnels. Très jeune, vers l'âge de 4ans, ses parents, mes grands-parents "émigrent" à la grande ville : Caen. Ils seront concierges de la Mairie de Caen et mon grand-père, chauffeur du Maire de Caen.
Fils de Christiane Marie, née à Caen d’une famille d’armateurs de Port en Bessin. Elle était née en 1930.Assez tard, elle exerce des talents de peintre aquarelliste. Elle n'a le temps que de réaliser quelques expositions, avant que la maladie ne la fauche à l'âge de 76 ans.
Je viens au monde en 1952 à Caen, en Normandie, dans une ville dévastée, en ruines. 8 ans plus tôt, les alliés le 6 Juin 1944, avaient bombardé la ville. Tout son centre fut détruit, et peu à peu reconstruit, mais l'aspect de Caen avait totalement changé. Disparues les maisons de bois, les ruelles,les cours d'eau qui la traversaient. Une nouvelle ville vit le jour. C'est le Caen d'aujourd'hui qui se cherche toujours une nouvelle identité.
En 1952, on naissait chez soi, ou plutôt chez ses parents, dans sa famille. La mienne habitait, alors, dans la mairie provisoire de Caen. Sise, rue Saint Sauveur, dans les anciens locaux de l’Université dont le rez de chaussée avait été sauvé des bombardements. Cette Mairie provisoire a déménagé en 1962, pour s'installer dans le magnifique cadre de l'abbaye aux hommes. La Mairie de la rue Saint Sauveur fut rasée, il ne reste rien des ces locaux.
Je jouais dans la cour de la mairie, pleine de copains, pleine de vie à l'ombre du Vieux Saint-Sauveur, une église désaffectée, qui servait de halles au beurre les Vendredis, jour du marché.
Un buste en bronze m’impressionnait, il était sombre, creux. On en parlait jamais.
C’est celui de Camille Blaisot. Député du Calvados, mort en déportation à Dachau le 24 Janvier 1945. 24 Janvier, jour de ma naissance 7 ans plus tard. (Ce buste est toujours visible, Square Saint-Sauveur à Caen.)
Très jeune, je prends pleinement conscience des aspects fondamentaux de la vie des hommes :
- Une certitude : tout est provisoire, éphémère.
- La capacité du mal à s’emparer des personnes et des sociétés est constante
- La liberté de chacun à s’opposer à ce mal et à l’injustice est totale
Après une scolarité normale, d'abord à l'école primaire Gambetta à Caen puis au lycée Malherbe, je quitte le lycée en cours de terminale. Ne passe pas le Bac. En 1972, je découvre le théâtre avec André Mallartre et Jean-Pierre Dupuy. J'alternerai dès lors entreprises artistiques et petits boulots, faisant ainsi de l'entretien d'espaces verts, de la réparation de vélos, de la vente de tickets sur les champs de courses. Je serai éboueur, pècheur de vers de vases à Sallenelles, pompiste, moniteur-éducateur, "professeur" de théâtre. A parir de 1972, je deviens comédien et en 1978, j'ajoute à cette spécialité celle de producteur radio.
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Dominique Nugues, peintre écrivain ©2006-2008/Tous droits réservés